L'erreur la plus fréquente à 50 ans est de tout basculer sur des placements garantis. C'est rassurant à court terme, mais une retraite longue avec un patrimoine qui progresse moins vite que les prix réduit peu à peu le niveau de vie.
La méthode présentée ici repose sur une sécurisation progressive (glide path) : la part d'actions diminue à l'approche de la retraite, tandis que les supports de revenus (fonds en euros, SCPI) montent en puissance. Nous rappelons aussi l'avantage de l'assurance-vie pour la transmission avant 70 ans.
L’essentiel en 30 secondes
- Réduire progressivement la part d’actions, sans la supprimer : une retraite dure souvent plus de 25 ans.
- Les primes versées sur une assurance-vie avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI).
- Après 70 ans, l’abattement devient global (30 500 €) mais les gains sont exonérés de droits de succession.
- Après 5 ans, les retraits partiels sur un PEA sont exonérés d’impôt sur le revenu : un outil utile pour compléter la pension.
Sécuriser sans capituler face à l’inflation
Tout placer sur des supports garantis (livrets à 1,7 %, fonds en euros autour de 2,5 %) protège le capital nominal mais expose au risque de perte de pouvoir d'achat sur une longue retraite. Une trajectoire de désensibilisation progressive permet de réduire le risque de marché à l'approche du départ.
Profil
Philippe et Nathalie, 50 ans
Couple, préparation de la retraite
Revenu net
4 800 € /mois
Capital de départ
80 000 €
Épargne mensuelle
1 000 €
21 % du revenu
Objectif : Sécuriser le capital, préparer un complément de revenu et la transmission.
La répartition proposée
Voici comment répartir les 80 000 € de départ selon le rôle de chaque placement. Les pourcentages ne sont pas une règle absolue : adaptez-les à vos dépenses, à vos projets et à votre tolérance aux variations de marché.
Livrets réglementés · 15 % · 12 000 €
Réserve immédiate (santé, logement).
Deux PEA — ETF monde · 45 % · 36 000 €
Croissance, puis retraits exonérés d’impôt sur le revenu.
Assurance-vie (fonds en euros) · 25 % · 20 000 €
Sécurisation et transmission.
SCPI de rendement · 15 % · 12 000 €
Revenus trimestriels pour compléter la pension.
Une sécurisation progressive jusqu’à la retraite
50 à 55 ans
Croissance (≈ 60 % actions)
Continuer d’alimenter le PEA pour faire croître le capital.
56 à 62 ans
Transition (≈ 45 % actions)
Renforcer progressivement fonds en euros et supports de revenus.
Retraite
Revenus
Retraits partiels du PEA, revenus de SCPI, rachats d’assurance-vie.
Les pièges à éviter et les règles d’or
Trois pièges fréquents
Vendre toutes ses actions
Un portefeuille 100 % garanti peut perdre du pouvoir d’achat sur 25 ans de retraite.
Attendre 70 ans pour alimenter l’assurance-vie
Après 70 ans, l'abattement sur les primes passe de 152 500 € par bénéficiaire à 30 500 € au total.
Investir dans des placements illiquides
À l’approche de la retraite, évitez les placements bloqués de longue durée difficiles à revendre.
Trois règles d’or
Allocation 15 / 45 / 25 / 15
12 000 € de livrets, 36 000 € sur PEA, 20 000 € en assurance-vie, 12 000 € en SCPI.
Alimenter l’assurance-vie avant 70 ans
Pour organiser la transmission dans le cadre le plus favorable.
1 000 € par mois d’épargne
600 € sur le PEA, 400 € sur l’assurance-vie.
Cas pratique : le parcours de Philippe et Nathalie
Situation. Le couple a 80 000 € d’épargne et souhaite un complément de revenu d’environ 800 € par mois à la retraite.
Stratégie. Ils placent 12 000 € sur livrets, 36 000 € sur leurs deux PEA, 20 000 € en assurance-vie (fonds en euros) et 12 000 € en SCPI. Ils épargnent 1 000 € par mois (600 € PEA, 400 € assurance-vie).
| Horizon | Total versé | Capital estimé | Gains (avant impôts) |
|---|---|---|---|
| 5 ans (55 ans) | 140 000 € | 166 025 € | +26 025 € |
| 10 ans (60 ans) | 200 000 € | 274 788 € | +74 788 € |
| 14 ans (64 ans) | 248 000 € | 382 695 € | +134 695 € |
Scénario central : actions 6 % / an, Livret A 1,7 %, LEP 2,5 %, fonds en euros 2,5 %, SCPI 4,5 %. Versements en fin de mois.
Bilan. À 64 ans, le patrimoine financier atteindrait environ 382 695 € dans le scénario central (248 000 € versés). Avec un taux de retrait prudent de 3,5 % par an, il permettrait de prélever environ 1 116 € par mois, au-delà de l'objectif de 800 €.
Trois scénarios à 14 ans
Les marchés actions ne progressent pas en ligne droite. Pour mesurer la sensibilité de la stratégie, nous faisons varier le rendement des actions (PEA, PER) ; les livrets, le fonds en euros et les SCPI restent à leur hypothèse centrale.
Défavorable2 % / an
309 441 €
dont +61 441 € de gains
Marchés actions atones pendant toute la période.
Central6 % / an
382 695 €
dont +134 695 € de gains
Hypothèse prudente, inférieure aux moyennes historiques de long terme des actions mondiales.
Favorable9 % / an
461 124 €
dont +213 124 € de gains
Décennie porteuse pour les marchés actions.
Un rendement moyen ne dit rien du chemin : une baisse de 30 % ou plus peut survenir au cours de la période, y compris juste avant l’échéance.
Assurance-vie : primes versées avant ou après 70 ans
| Critère | Primes versées avant 70 ans (art. 990 I) | Primes versées après 70 ans (art. 757 B) |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 € par bénéficiaire | 30 500 € au total, pour l'ensemble des bénéficiaires |
| Au-delà de l’abattement | 20 % jusqu’à 700 000 € (après abattement), puis 31,25 % | Droits de succession selon le lien de parenté |
| Gains et intérêts | Compris dans l’assiette taxable | Exonérés (seules les primes au-delà de 30 500 € sont taxées) |
| À retenir | Cadre le plus favorable pour transmettre | Reste utile pour les gains et un complément de transmission |
Plan d’action en 4 étapes
- 1Jour 1
Sécuriser 12 000 € sur livrets
Répartissez entre Livret A et LDDS.
Trésorerie d’urgence en place.
- 2Mois 1 à 3
Structurer 36 000 € sur PEA
ETF monde, éventuellement complété d’un ETF à dividendes pour préparer des revenus.
Moteur de croissance consolidé.
- 3Mois 2
Alimenter l’assurance-vie
Contrat en ligne à frais réduits, clause bénéficiaire rédigée avec soin.
Transmission organisée.
- 4Mois 3 et suivants
SCPI et versements mensuels
Souscrivez des SCPI diversifiées et programmez 1 000 € par mois.
Revenus futurs en préparation.
Questions fréquentes
Faut-il vendre ses actions à 50 ans ?
Non, pas en totalité. La retraite peut durer 25 à 30 ans : conserver une part d'actions (souvent 30 à 50 % selon la tolérance au risque) aide à préserver le pouvoir d'achat. La part peut ensuite diminuer progressivement.
Comment compléter ses revenus avec un PEA à la retraite ?
Après 5 ans, les retraits partiels ne clôturent pas le plan et sont exonérés d'impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux (18,6 %) s'appliquent sur la part de gains retirée. On peut donc programmer des retraits réguliers.
Méthodologie et sources
Les montants sont calculés automatiquement à partir des versements décrits ci-dessus et des taux en vigueur au 30 septembre 2026 : Livret A 1,7 %, LEP 2,5 %, prélèvements sociaux 18,6 % (PEA, CTO) et 17,2 % (assurance-vie). Les rendements des actions, du fonds en euros et des SCPI sont des hypothèses, pas des prévisions. Les résultats sont bruts de fiscalité à la sortie. Détails dans notre page méthodologie.
Pour aller plus loin, consultez les sources officielles :
- Service-Public : fonctionnement de l'assurance-vie
- Service-Public : imposition des revenus d'une assurance-vie
- Service-Public : Plan d'épargne en actions (PEA)
- Service-Public : imposition des revenus d'un PEA
- Service-Public : plan d'épargne retraite (PER)
Information pédagogique. Les projections reposent sur des hypothèses de rendement qui ne sont pas garanties : les marchés actions peuvent baisser fortement et durablement. Ce contenu ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ; en cas de doute, rapprochez-vous d'un conseiller en investissements financiers (CIF) immatriculé à l'ORIAS.